Les DÉDICACES et ÉPIGRAPHES
des livres de René BARJAVEL

Un assortiment de premièes éditions
des livres de Barjavel portant une dédicace
 

Le Dictionnaire de l'Académie Françaisehttp://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/ ] explique avec précisions :

DÉDICACE n. f. XIIe siècle, dicaze, au sens 1. Emprunté du latin dedicatio, « consécration, inauguration (d'un temple, d'un théâtre, etc.) ».
1. Consécration d'un temple, d'une église, d'une chapelle au culte divin. Spécialement : Action de placer une église, une chapelle sous l'invocation du Christ, de la Vierge ou d'un saint. La fête de la dédicace d'une église.
2. Consécration d'un monument à une personne célèbre ; inscription qui rappelle cette consécration. (ex. : La dédicace du château de Versailles à toutes les gloires de la France.)
3. Action de placer un ouvrage sous le patronage de quelqu'un ; inscription placée à la tête de l'ouvrage pour rappeler ce patronage. (ex. : Une dédicace au roi.)
4. Formule manuscrite qu'un auteur appose en hommage à quelqu'un sur la première page d'un livre, sur une photographie, un disque, etc. Collectionner les dédicaces.

C'est dans le sens de la troisième définition ci-dessus que se comprennent les dédicaces ici présentées, le quatrième sens (dédicaces manuscrites) étant quant à lui plus exactement nommé envoi, desquels la page consacrée aux envois et autographes de René Barjavel présente une fort jolie collection...
Hommages, remerciements, éloges : ces intentions prennent tout leur sens lorsqu'est approfondie l'analyse des liens qui ont uni l'auteur et le dédicataire. La présente page présente cette analyse pour chacun des livres publiés de René Barjavel.

En plus de leur dédicace, certains livres portent des citations parfois énigmatiques, clins d'œil mystérieux à un auteur ou une idée. Elles ont également leur place ici en tant qu'épigraphes qui sont :

ÉPIGRAPHE n. f. XVIIe siècle. Emprunté du grec epigraphê, « inscription, maxime », de epigraphein, « inscrire », composé de epi-, « sur », et graphein, « écrire ».
1. Inscription placée sur un monument, un édifice, pour en rappeler la date, la destination, l'auteur, etc. (ex. : L'épigraphe du Trophée d'Auguste à La Turbie.)
2. Courte sentence, courte citation placée en tête d'un ouvrage ou d'un chapitre pour en indiquer l'objet ou l'esprit. (ex. : Prendre pour épigraphe un vers d'Homère, de Virgile.)



Seules sont listées sur cette page les œuvres possédant effectivement une dédicace ou une épigraphe sur au moins une de leurs éditions. La liste exhaustive des livres de Barjavel se trouve sur la page de bibliographie complète.

Note : les liens indiquant les titres conduisent aux pages de la bibliographie présentant les différentes éditions de chaque œuvre.
 

À Colette
avec toutes mes excuses.

Tout d'abord politesse, respect et hommage que cette dédicace du tout premier livre du jeune journaliste au Progrès de l'Allier qui imprime lui-même au printemps 1934 le texte de sa conférence. Madame Colette a alors soixante ans, et la petite phrase incisive de Barjavel :

Hélas, elle a maintenant 60 ans passés. Il ne faut tout de même pas trop lui demander !

complétée de la remarque ambigue à propos de ce qui était alors son dernier livre, « La Chatte »,

nous n’avons pas retrouvé notre Colette. Aucun des personnages ne lui ressemble sauf, peut-être, le petit animal « bleu comme les plus beaux rêves », la chatte à l’amour exclusif, la chatte instinctive et jalouse.

Perception de jeune homme, certes, comme le lui fera remarquer la "vieille dame de soixante-six ans" qui lui écrivit juste après sa conférence :

Croyez moi, une femme de soixante ans n’est pas vieille. Aussi sensuelle qu’à trente, et avec cela plus sensitive, elle est simplement obligée de s’effacer devant les préjugés.

et qui restera peut-être pour Barjavel un mystère, celui de l'amour et de la jeunesse, et dont l'élucidation jamais atteinte lui fera écrire les plus belles pages de La Faim du tigre, La Nuit des temps et Le Grand Secret.

Gabrielle Sidonie Colette en 1930,
"vielle dame" de 57 ans
Sidonie Gabrielle Colette
en 1930

  Voir la page "écrit" qui présente l'analyse de l'œuvre.
 

À la Mémoire de mes Grands-Pères, Paysans.

Premier roman de l'auteur, qu'une lecture sans recul peut faire passer pour une apologie du retour à la terre effectivement en vogue à cette époque (voir à ce propos la page Ravage, un roman sous influences ?). Ravage est avant tout une réflexion “logique” sur la dépendance de l'Homme et de la civilisation qu'il a créée aux énergies et aux machines. Barjavel, devenu citatin à son arrivée à Paris en 1935, n'oubliera jamais ses origines rurales et en particulier ses grands-parents, Henri Barjavel et Paul Paget, tous deux paysans de la Drôme Provençale.

Le grand-père maternel
de R.Barjavel, Paul Paget
Le grand-père maternel
de René Barjavel : Paul Paget


En complément de cette dédicace, Ravage présente dans sa toute première édition, une citation de L.F. Céline

L'avenir, c'est pas une plaisanterie...

Tirée du Voyage au bout de la nuit, premier roman de Céline qui avait été "découvert" par Denoël en octobre 1932, cette petite phrase éclaire l'anticipation innovante de Ravage, premier roman d'anticipation français s'affirmant comme tel. Aucune des éditions postérieures ne porte cette citation.

Louis Destouches - Louis Ferdinand Céline
Louis Destouches, dit Céline



Les trois parties du roman portent en épigraphe des citations originales et teintées d'une pointe d'ironie :

Première partie  "Les temps nouveaux"

« Vos gratte-ciel ? Ils sont bien petits...” (Déclaration de Le Corbusier aux journalistes new-yorkais)

Cette phrase évoque le voyage de Le Corbusier aux États-Unis en 1935, rapporté dans son livre Quand les cathédrales étaient blanches que Barjavel avait découvert et commenté avec un certain enthousiasme dans son article à la revue Micromégas le 10 mai 1937 (lire cet article et ma Lettre de juin 2005 qui le présente) - enthousiasme qui disparaîtra complètement par la suite au vu des réalisations, à son goût trop bétonnées, de l'architecte suisse qui est, en 1942, gentiment moqué dans Ravage sous le nom de Le Cornemusier.

Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, en 1934
Charles-Édouard Jeanneret
(dit Le Corbusier) en 1934
(photographie de Walter LIMOT)
 

Deuxième partie : "La chute des villes"

« ... et les villes des nations tombèrent, et
Dieu se souvint de Babylone la grande, pour lui
donner la coupe de vin de son ardente colère ".
Apocalypse de SAINT JEAN.

Ce passage de l'Apocalypse (Chapitre XVI, verset 19) nous rappelle que le titre initialement prévu par Barjavel pour son premier roman était "Colère de Dieu" - titre changé sur les conseils de Robert Denoël lors de la "séance de réécriture" supervisée par celui-ci (voir ci-après la dédicace du Voyageur Imprudent).
 
Le chapitre suivant (XVII !) de l'Apocalypse explique le symbolisme babylonien :

Révélation à Saint Jean de Patmos

1. Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint, et il m'adressa la parole, en disant: Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux.
2. C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité, et c'est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés.
3. Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes.
4. Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution.
5. Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre.

et prophétise :

8. A cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée.
9.  Et tous les rois de la terre, qui se sont livrés avec elle à l'impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de son embrasement.

en concluant :

18. Et la femme que tu as vue, c'est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre.

 
 
Troisième partie : “Le chemin de cendres”

- « ... je sçay bien qu'il doit fayre chault et régner vent marin... »
(Rabelais - Pantagrueline prognostication)

Cette phrase provient de cette Pantagrueline prognostication pour l'an 1533 avec Les almanachs pour les ans 1533, 1535 et 1541, La grande et vraye pronostication nouvelle de 1544 parue à Lyon en 1932, la même année que Pantagruel, avec comme complément de titre : Certaine, veritable & infaillible pour l'an perpetuel. Nouvellement composée au prouffit & advisement de gens estourdis & musars de nature, Par maistre Alcofribas, architriclin dudict Pantagruel.
"Parodie de l'astrologie divinatoire" qui connaissait ses heures de gloire à la même époque avec les almanachs de Michel de Nostre Dame, dit Nostradamus, ces prophéties valent bien celles d'un couturier espagnol de la fin du XXème siècle, avec beaucoup moins d'erreurs car le chapitre 8 que cite Barjavel concerne l'été et nous apprend :

François Rabelais
François Rabelais

En esté ie ne sçay quel vent courra, mais ie sçay bien qu'il doibt fayre chault, et regner vent marin.
Toutesfoys si aultrement arrive, pour tant ne fauldra renier Dieu. Car il est plus saige que nous. Et sçayt trop mieulx ce que nous est necessaire, que nous mesmes, ie vous en asseure sus mon honneur. Quoy que ayt dict Haly, & ses suppotz. Beau fera se tenir ioyeux, et boyre frays. Combien qu'aulcuns ayent dict, qu'il n'est chose plus contraire à la soif. Ie le croy. Aussi contraria contrariis curantur.

Et pour l'automne :

En automne l'on vendengera, ou d'avant ou après ce m'est tout un pourveu que ayons du piot à suffisance."En automne l'on vendengera, ou d'avant ou après ce m'est tout un pourveu que ayons du piot à suffisance.

Barjavel sera toute sa vie un grand admirateur de Rabelais et de sa truculence.
Quelques liens sur ce texte :

Quatrième partie : "Le Patriarche"

« J'étais berger, j'avais plus de mille brebis. »
Maurice de GUÉRIN.

La figure de François Deschamps, patriarche affirmé de la communauté s'étant créée après la fuite des villes en cendres, évoque celle d'un personnage qui n'avait pas encore, en 1942, accompli son destin de patriarche mais qui devait à partir des années 1950 créer des communautés vivant un idéal très proche de celui décrit par Barjavel dans Ravage : j'ai présenté, dans la page Ravage, un roman sous influences ? ce que les idées de Lanza del Vasto, exprimées par ses écrits publiés chez Denoël à partir de 1939, pouvait avoir communiqué à Barjavel.

La citation, quant à elle, est tirée d'un poème de Maurice de Guérin (1810-839); Glaucus :

J'étais berger ; j'avais plus de mille brebis.
Berger je suis encor, mes brebis sont fidèles
Mais qu'aux champs refroidis languissent les épis,
Et meurent dans mon sein les soins que j'eus pour elles !
Au cours de l'abandon je laisse errer leurs pas,
Et je me livre aux dieux que je ne connais pas !...
J'immolerai ce soir aux Nymphes des montagnes.

Maurice de Guérin, poète mort à 29 ans de la tuberculose, a écrit Le Centaure, Le Cahier vert, La Bacchante et son Journal ; d'inspiration panthéiste, il chantait la communion totale avec la nature.
A Andillac, dans le Tarn, se trouve le chateau de Cayla où il vivait, maintenant musée Maurice et Eugénie de Guérin.
George Sand en écrivit une remarquable présentaiton dans la Revue des Deux Mondes du 15 mai 1840 [ http://lire.ish-lyon.cnrs.fr/themes/axeMasc-Fem/gsguerin.html ]
Voir une présentation complète : http://www.remydegourmont.org/vupar/rub2/guerin/notice.htm

Lanza del Vasto
patriarche écologique
et non violent
Lanza del Vasto
 
Maurice de Guérin
Maurice de Guérin

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.
 

À Robert Denoël

On sait que la rencontre du jeune journaliste René Barjavel avec Robert Denoël à Vichy en août 1935 décida de sa carrière et de tout le reste de sa vie. Ravage doit tout autant à la logique guidant l'imagination du jeune écrivain qu'au métier de l'éditeur, qu'il a passionnément transmis à son cadet comme Barjavel le raconte avec reconnaissance dans plusieurs interviews

(voir par exemple le dossier de l'édition Le Tallandier des Chemins de Katmandou)

Je l'avais donné à lire à Robert Denoël qui m'a dit : « Cela ne vaut rien. » J'étais décomposé. C'était un désastre. Et puis, il a fait son métier d'éditeur, et il m'a montré, page par page, quelles étaient mes qualités et quels étaient mes défauts. J'ai entièrement recomposé Ravage. Encore un miracle : dès sa publication, succès immédiat, on en a vendu plus de 50 000 exemplaires.

et l'article “Ce jour-là” paru en octobre 1980 dans l'hebdomadaire Modes et Travaux :

[...] je lui donnai à lire, tout tremblant, mon manuscrit. Il était toujours mon patron, mais il était, en plus, devenu mon ami. Il lut mon ouvrage dans la nuit. Le lendemain, il me consacra une matinée, épluchant devant moi, page par page, presque ligne par ligne, ce que j'avais écrit avec tant d'enthousiasme et d'efforts, et me montrant, avec une clarté éblouissante, quels étaient mes défauts et quelles' étaient mes qualités, ce que je devais éviter dans ma façon d'écrire, ce que je devais supprimer, ce que je devais développer.

Je repris mon manuscrit et le récrivis entièrement. Je me levais à 4 heures du matin, je travaillais jusqu'à 8 heures. Ensuite, j'enfourchais mon vélo et me rendais à ma tâche de chef de fabrication. C'étaient de longues journées. Elles passaient. vite...
Je n'eus plus jamais besoin par la suite, des conseils de Robert Denoël. « Ce jour-là », en quelques heures, il avait fait de moi un écrivain.

Robert Denoël
Robert Denoël

En épigraphe du livre, une citation :

« Le fond de la terre me tient par les pieds »
(Alfred Jarry : La plainte de la mandragore)

{La plainte de la Mandragore} est l'un des trois Lieds funèbres écrits par le ’pataphysicien Alfred Jarry (1873-1907), d'abord publiés dans L'inclus dans le recueil Les minutes du sable mémorial. Le symbolisme de la mandragore, plante magique des sorcières dont la racine a la forme d'une silhouette humaine, est assez complexe [voir http://site.voila.fr/medicherb/mandragore.htm ]. Le mouvement `pataphysique influença dans les années 1920 les créateurs du Grand Jeu : Gilbert Lecomte, René Daumal, Luc Dietrich, qui furent amis de Barjavel. Ensuite Raymond Queneau et Boris Vian en prirent la relève...
L'adéquation de la citation avec le roman tient au fait que, comme le feront remarquer de nombreux exégèses du thèmes des voyages temporels, Saint Menoux malgré ses erranses à travers les âges, reste toujours sur la Terre, alors qu'au sens strict, celle-ci parcourt des distances immenses.

La mandragore
La Mandragore
(Mandragora officinarum

Quelques liens sur Alfred Jarry et la ’pataphysique :

Véritable portrait de Monsieur Ubu
par d'Alfred Jarry (1896)
Monsieur Ubu
par Alfred Jarry

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.
 

À la mémoire de Joseph PLATEAU
inventeur du Phénakistikope.

Joseph Plateau, physicien belge né en 1801, fur le premier à énoncer une théorie sur la persistance rétinienne en 1829 : “Si des impressions lumineuses différentes se succèdent à la cadence voulue, il y a, pour notre organe récepteur, liaison entre elle est donc impression de vues continues en mouvement”. C'est en 1833 qu'il invena le phénaskistiscope à partir de l'observation de la machine tournante de Faraday. Il s'agit d'un disque rond en carton percé de fentes sur lequel les différentes étapes d'un mouvement sont recomposées. Pour reconstituer le mouvement, la personne devait être en face d'un miroir et positionner ses yeux au niveau des fentes. Elle faisait ensuite tourner le carton. Les fentes en mouvement ne laissaient apparaître l'image qu'un très cours instant et le cache (entre les fentes) permettait de dissimuler l'image quand celle-ci était en mouvement. L'oeil ne voyait donc que des images fixes, qui s'animait quand le carton tournait suffisamment vite.
Le mot "phénakistiscope" est formé du grec phenax - akos  "trompeur", et skopein : "examiner". On rencontre aussi l'orthographe phénakistikope telle que l'utilise Barjavel.

Le phénaskistiscope / Joseph Plateu
(cliquer pour changer l'image)
J. Plateau et le phénakistikope
(cliquer)
Quelques liens :

 

À ma mère, pour moi toujours vivante.

La mère de l'écrivain, Marie Barjavel née Paget, épousa en secondes noces Henri Barjavel en 1909. Son premier mari, Émile Achard, boulanger, mourut en effet en 1908 (à l'$age de 32 Ans) d'un refroidissement après être sorti trop subitement de son fournil. Après la guerre de 1914-1918, elle attrape la maladie du sommeil, causée par un parasite transmis par la mouche tsé-tsé mais aussi par les taons et probablement amené d'Afrique par des tirailleurs Sénégalais. Elle en meurt à 41 ans le 29 mai 1922, laissant son fils René à la charge de son père et de ses demi-frères Paul et Émile Achard, aidés par de nombreuses tantes et cousines. Le jeune garçon agé de 11 ans quitta Nyons environ deux ans plus tard pour suivre le proviseur de son collège, Abel Boisselier, qui avait été nommé à Cusset.
L'autobiographie de l'enfance de Barjavel est racontée dans La Charrette bleue, publiée en 1980. (voir aussi la biographie détaillée)
Le souvenir de sa mère accompagna Barjavel toute sa vie. On peut penser que c'est en son hommage qu'il donna son prénom, Marie, à l'héroïne de Tarendol - et le prénom de son propre fils, Jean (né en 1938), à son héros.

Marie Barjavel
(photo coll. familiale)
Marie Barjavel

 

À notre grand-père,
à notre petit-fils :
l'homme des cavernes.

Également roman apocalyptique, Le Diable l'emporte se termine sur la quasi-destruction de la vie terrestre du fait de la fomie des hommes. La renaissance d'une civilisation verrait celle-ci redémarrer au stade le plus démuni, faisant de l'Histoire un éternel recommencement...

Et si l'Histoire n'était qu'un recommencement ?...

 

L'édition de 1951 ne porte pas de dédicace mais une citation du Journal de Léon Bloy :

Celui qui écrit pour ne rien dire est pour moi un prostitué et un misérable.

Léon Bloy (1846-1917), journaliste pamphlétaire et écrivain, a laissé une œuvre sombre et un monumental Journal que certains considèrent comme “deux mille pages de jérémiades et de prophéties apocalyptiques” (Didier Sénécal, magazine LIRE, février 2000 : http://www.lire.fr/critique.asp/idC=36112/idTC=3/idR=213/idG=8) L'épigraphe annonce l'introduction du Journal de Barjavel dans laquelle il présente les raisons qui l'ont amené à l'écrire.
Quelques liens :

Léon Bloy
Léon Bloy


L'édition de 1981 du Journal d'un homme simple, remaniée par Barjavel et publiée peu après La Charrette bleue, présente une dédicace énigmatique :

      A Marie-Jeanne et Eugène Pihouée, avec ma profonde affection.

Jusqu'à présent, je n'ai pu recueillir aucune information concernant M.-J. et E. Pihouée. Une hypothèse serait qu'il s'agissent des personnes ayant apporté un soutien financier à Barjavel lors de sa maladie en octobre 1950, lui permettant de partir en convalescence à Sospel.

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.
 

Avec mon admiration, mon affection et ma gratitude,
je dédie ce livre, qui lui doit tout,

à
MICHEL DE GHELDERODE

C'est dans son Journal d'un homme simple que Barjavel rapporte comment il a conçu et tourné le film “Barabbas” pendant le mois d'août 1950, et pourquoi le film, bien que complètement tourné, ne fut jamais réalisé. Il détaille l'inspiration que lui avait donnée la pièce du dramaturge belge Michel de Ghelderdode (1898-1962), et comment il avait transposé la Passion du Christ dans le temps et l'espace, de la Pâque juive à la Fête du 15 août du port de Collioure. { en savoir plus sur Ghelderode }

Michel de Ghelderode
Michel de Ghelderode

 

à PAUL PAGET,
mon grand-père paysan, qui construisit de ses mains sa maison et creusa son puits, apprit à lire à vingt ans, vécut juste et droit, mourut sans avoir été malade, et qui m'aurait fait enfermer s'il avait vécu assez vieux pour lire ce livre, respectueusement je le dédie.

Paul Paget, père de Marie Barjavel, habitait la ferme “La Grange”, à l'est de Nyons, sur le flanc de la colline de l'autre côté de la rivière de Sauve. La ferme existe toujours (habitée par des membres de la famille Achard), ainsi que la grotte de la source qu'avait creusée par Paul Paget, comme Barjavel le raconte dans La Charrette bleue (cette source est maintenant captée). Ce second hommage à son grand-père maternel montre l'attachement de l'auteur à ses racines paysannes.
Dans Colomb de la Lune, l'auteur malmène assez sérieusement le Mont Ventoux, dont il fait la base de départ de l'engin spatial conduisant Colomb jusqu'à notre satellite... Mont Ventoux que Paul Paget regardait respectueusement chaque soir afin de prévoir le temps du lendemain, et qui, de Nyons, n'est visible que de la colline où est La Grange

L'entrée de la grotte-source
creusée par Paul Paget
L'entrée de la grotte-source
creusée par Paul Paget
derrière sa ferme La Grange


En épigraphe du livre, une citation énigmatique :

Quoi qu'il en soit, les jeunes Opistobranches sont de grands voyageurs. Ils nagent tous, se laissant conduire par des courants maritimes et cherchant, semble-t-il, à répandre leur race au loin, en quête de conditions de vie propices.
Jacqueline Villaret

Les opist(h)obranches constituent le sous-ordre des mollusques aquatiques gastéropodes, caractérisés par la présence de branchies à l'arrière du corps et d'une éventuelle coquille rudimentaire (Tectibranches) bien que la plupart n'en possèdent pas (Nudibranches) ; ces derniers sont plus connus sous l'appellation limaces de mer ou lièvres de mer, répandus dans toutes les mers du globe. [voir par exemple :  http://www.nembro.info/fr_page.html ]
L'origine précise de la citation reste mystérieuse ; Jacqueline Villaret a traduit en français, en 1967 le roman maritime La vareuse blanche ("The White Jacket", 1850) d'Herman Melville (1819-1897, également auteur de Moby Dick)

L'esprit de la citation rejoint la pensée de Barjavel à propos des voyages spatiaux, car, ainsi qu'il l'écrivait dès les années 1960, et qu'il s'auto-cite dans le roman,

"La terre est une graine en train de germer".

Voir en particulier ses interviews aux Nouvelles Littéraires : « Vénus et les enfants des hommes » (11 décembre 1962) et « Le poisson, l'homme et les étoiles » (2 janvier 1969).

Une limace de mer
ou opistobranche

 

Dédicace optimiste :
À mes petits-enfants,
et à leurs petits-enfants.

L'essai La Faim du tigre a été écrit pendant une période assez préoccupée de la vie de Barjavel, et aussi en pleine guerre froide qui faisait craindre d'un jour à l'autre un conflit nucléaire définitif. L'auteur, "pessimiste par raison, optimiste par sentiment", laisse ses sentiments prendre le dessus pour cette dédicace, constrastant avec celle de Le diable l'emporte. Il est alors déjà grand-père depuis quelques années, et aura en tout cinq petites-filles et trois petits-fils.


Plus célèbre est l'épigraphe du livre :

La faim du tigre
est comme la faim de l'agneau.

extraite et un peu adaptée du roman de Charles-Louis Philippe (1874-1909) Bubu de Montparnasse, dont le texte exact et plus complet est :

Ce n'est rien, Seigneur. C'est une femme, sur un trottoir, qui passe et qui gagne sa vie parce qu'il est bien difficile de faire autrement. Un homme s'arrête et lui parle parce que vous nous avez donné la femme comme un plaisir. Et puis cette femme est Berthe, et puis vous savez le reste. Ce n'est rien. C'est un tigre qui a faim. La faim des tigres ressemble à la faim des agneaux. Vous nous avez donné des nourritures. Je pense que ce tigre est bon puisqu'il aime sa femelle et ses enfants et puisqu'il aime à vivre ? Mais pourquoi faut-il que la faim des tigres ait du sang, quand la faim des agneaux est si douce ?

Voir une présentation de C.L. Philippe.

Charles-Louis Philippe
Charles-Louis Philippe

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.
 

À André Cayatte,
père de cette aventure
et inspirateur de ce livre,
je les dédie,
avec mon amitié.

On sait que l'amitié de René Barjavel et André Cayatte amena ce dernier à demander à l'auteur un scenario pour un film de "science-fiction" dans lequel on retrouverait un homme sous la glace du pôle. De ce projet, trop coûteux, allait naître La Nuit des temps, qui doit donc beaucoup à l'impulsion de départ du réalisateur. Les deux amis feront ensemble le film Les Chemins de Katmandou dont Barjavel tirera son roman en 1969 (voir ci-dessous).
André Cayatte (1909-1989), de son vrai nom Marcel Truc, fut d'abord avocat avant de se consacrer au cinéma. Il réalisa plus de trente films parmi lesquels Nous sommes tous des assasins, Les Risques du métier, Verdict,
[voir http://frenchfilms.topcities.com/index3.html#http://frenchfilms.topcities.com/nf_Andre_Cayatte.html ]

André Cayatte en 1957 au Festival de Venise
André Cayatte

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.
 

A la Déesse Orange
de Katmandou

La couleur orange est omniprésente dans le bouddhisme himalayen. Les lamas de Katmandou et du Tibet, tout comme les déïtés qu'ils vénèrent, en sont drapés. La déesse orange n'est pas clairement identifiable, il peut s'agir d'une statue drapée cérémonieusement de cette couleur que l'auteur a pu voir au Népal où il s'est rendu pour le tournage du film. On peut aussi penser à la déesse vivante ou « Kumari », qui est une fillette représentant la déesse Taleju, épouse de Shiva, gardienne de la vallée, et personnification bouddhiste du pouvoir féminin. Elle est choisie parmi des filles du clan des orfèvres newar, âgées de moins de 8 ans, selon 32 signes distinctifs spécifiques, et est installée dans son palais. Elle y demeure jusqu'à sa puberté, sans rien faire, ne répondant qu'aux dévots venus lui rendre visite, et n'en sortira que six fois par an, lors de fêtes religieuses. On ne peut qu'apercevoir, par les fenêtres sculptées, le visage fardé de la Kumari, son front couvert de rouge, mais il est interdit de la photographier. A sa puberté, la Kumari est libérée et reste ensuite le plus souvent célibataire, car le mariage avec une ex-Kumari porte malheur...
[voir http://www.geocities.com/atheisme/textes_divers/2001_07_27deesse.htm ]

Temple de la déesse Lakshmi à Katmandou
Katmandou : temple de
la déesse Lakshmi

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.
 

À René Maine

Journaliste et historien, René Maine avait été après la guerre (1945-1947) rédacteur en chef de l'hebdomadaire Quatre et trois - Les sept jours de l'actualité mondiale où il accompagna les débuts prometteurs d'Alain Decaux. Spécialiste de l'histoire maritime, il est en particulier l'auteur d'une colossale Nouvelle Histoire de la Marine.
Il prend en 1968 la direction du Journal du Dimanche où Barjavel commence en janvier 1969 ses chroniques qui seront publiées dans les recueils Les Années de la Lune (1969-71), Les Années de la Liberté (1972-73) et Les Années de l'Homme (1974-75). Barjavel y présentera avec enthousiasme la Nouvelle Histoire de la Marine dans son article “En hommage aux guerriers de la mer” du 13 novembre 1977 (lire cet article), et saluera la mémoire de René Maine lors de son départ dans son article du 28 juillet 1974 (recueilli dans Les Années de l'Homme)

Le Journal du Dimanche,
dirigé par René Maine
lorsque Barjavel y
écrivait ses chroniques

 

A Jean-Pierre Rudin,
ami des livres

Passionné de livres, Jean-Pierre Rudin était déjà libraire à Nice en 1968 lorsque paru La Nuit des temps, soutenue par l'enthousiasme de Sven Nielsen qui dirigeait les Presses de la Cité. C'est J.P. Rudin qui présenta in extremis le livre au jury du Prix des Libraires, pour son plus grand succès. Barjavel lui-même explique cette "péripétie" dans un document présenté dans l'ouvrage Trente ans de découvertes, paru en 1984 (voir ce document).
Jean-Pierre Rudin a aussi "lancé" Les contes de la rue Broca de Pierre Gripari en 1972, et, plus de trente cinq ans après, reste toujours très actif dans le monde de l'écrit, participant au Festival du Livre de Nice créé en 1995 et éditant une très sympathique revue de défense de la langue française, Le Nénuphar.
Lors de visites à sa librairie niçoise, Barjavel écrivit des petits mots dans son Livre d'Or, que M. Rudin m'a très aimablement communiqués et qui sont présentés sur la page (voir ce document)


 

Je suis d'Irlande,
Et de la terre sainte
D'Irlande,
Beau Sire, je te prie,
Par la sainte Charité,
Viens ! Danse avec moi
En Irlande...

Cette épigraphe provient de la strophe XX “I am of Ireland” du long poème Words for Music Perhaps qu'écrivit en 1929 l'Irlandais William Butler Yeats (1865-1939, Prix Nobel de Littérature en 1923) :

I am from Ireland
And from the holy land of Ireland
Good sir, I beg of you
For holy charity
Come and dance with me
In Ireland

poème lui-même inspiré par une chanson du XIVème siècle :

Icham of Irlaunde
And the holy londe of Irlaunde
God sir pray ich ye
For of saynte charite
Come ant daunce wyt me
In Irlaunde

William B.Yeats
William Butler Yeats

La suite du poème est :

Shine your light down on me,
Lift me up so I can see !
Shine your light when you're gone
Give me the strength to carry on

 

Descends sur moi ta lumière,
Élève-moi pour que je voie !
claire moi lorsque tu es parti
Donne-moi la force de continuer...

L'intérêt et l'attachement de Barjavel pour l'Irlande et ses traditions ont leur source dans sa rencontre avec Olenka de Veer, qui lui fit découvrir La Cruche d'or de James Stephens, et avec qui il écrivit Les Dames à la Licorne et Les Jours du Monde.
 

Cet album de photographies de la célèbre actrice des années 1960, commentées par René Barjavel, ouvre sur une citation du « Petit Prince » de Saint-Exupéry :

On ne connaît que les choses que l'on apprivoise.
Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître
et comme il n'existe point de marchands d'amis,
les hommes n'ont plus d'amis.
{...]
Avant de te dire adieu, je te ferai un cadeau
d'un secret. Il est très simple :
On ne voit bien qu'avec le coeur,
l'essentiel est invisible pour les yeux.

Citation, ou plutôt regroupement de citations, donnant toute sa saveur à la philosophie ainsi exprimée. { en savoir plus }

Le Petit Prince
Le Petit Prince

 

À la mémoire
d'Abel Boisselier,
à qui je dois tout.

Abel Boisselier (1884-1949) était principal du collège Roumanille de Nyons lorsque Barjavel y était élève. Après la mort de Marie Barjavel, le jeune garçon, encouragé par ses professeurs, souhaitait poursuivre ses études, ce que rendait difficile sa situation familiale. Abel Boisselier qui se trouvait en 1925 nommé en poste à Cusset près de Vichy, proposa à son père de l'y emmener en pensionnat, et lui fournit pendant toute sa jeunesse soutien et amitié. Il fut le premier à saluer ses talents littéraires en écrivant dans Le Progrès de l'Allier une critique de sa conférence sur Colette en 1934 :

Barjavel, entré sous de favorables auspices dans la carrière du journalisme, vient de faire, à Vichy, ses débuts dans l'art oratoire. Il a pleinement réussi.

(voir ces articles)

Le collège de Cusset
(carte postale ancienne
collection G.M.Loup)
Le collège de Cusset vers 1920

Abel Boisselier est décédé en 1949, et le collège de Cusset devint ensuite Lycée professionnel et prit le nom de Lycée Abel Boisselier, pour quitter les vieux murs être déplacé en 1999 dans d'autres locaux très modernes et prendre alors le nom de Lycée Valéry Larbaud. Dans l'établissement, un "Local René Barjavel" accueille des réunions, manifestations et expositions.
Barjavel a toute sa vie été membre assidu des assemblées générales de "L'Association des Anciens Élèves du Collège de Cusset" (fondée en 1897) qui a compté d'autres célébrités (Claude Nougaro, Jean Rochefort, Georges Frelastre, Gabriel Péronnet, Maggy Duchaussoy...)


 

A William Shakespeare,
avec toutes mes excuses...

Si La Tempête reprend le titre d'une pièce de William Shakespeare, dont elle garde aussi l'atmosphère "bousculée", l'intrigue en est plutôt d'inspiration biblique, car elle peut être considérée comme une adaptation de l'histoire de Judith et Holopherne (Livre de Judith de l'Ancien Testament), dont les héros reprennent les noms (Holopherne modernisé en "Olof"). L'hommage à Shakespeare traduit cependant l'admiration que vouait Barjavel au dramaturge britannique, dont il avait pu admirer les pièces dans plusieurs de ses articles de critiques de théâtre à Carrefour entre 1948 et 1950, en particulier le Jules César adapté à Nîmes par R. Hermantier (voir plus bas)

William Shakespeare
William Shakespeare

 

Aux bardes, conteurs, troubadours, trouvères, poètes, écrivains, qui depuis deux mille ans ont chanté, raconté, écrit l'histoire des grands guerriers brutaux et naïfs et de leurs Dames qui étaient les plus belles du monde, et célébré les exploits, les amours et les sortilèges,
aux écrivains, chanteurs, poètes, chercheurs d'aujourd'hui qui ont ressuscité les héros de l'Aventure,
à tous, morts et vivants, avec admiration et gratitude je dédie ce livre qui leur doit son existence,
et je les prie de m'accueillir parmi eux.

Bardes, conteurs, troubadours... sont les continuateurs de la tradition orale, qui est bien celle dont se réclame Barjavel dès sa première œuvre littéraire (conférence sur Colette) et son premier récit, Roland le chevalier plus fort que le lion qui reprend l'épopée de Turold. Il renforçait cette "filiation" en y rattachant l'étymologie de son patronyme qu'il faisait dériver du provençal "barjacca" : "bavard" (celui qui raconte), estimant que ses lointains ancêtres avaient du avoir cette activité ; on verra dans la biographie détaillée que cette étymologie peut être contestée, et que plus linguistiquement régulière celle de "barjavoun ne manque pas de charme non plus.
Ceux qui s'étonnent de voir un Provençal s'assimiler aux conteurs celtes prendront note que le village de Tarendol est un ancien site celte, et que le nom "Tarendol" a probablement la même origine celte que "Barenton", fontaine magique de la forêt de Brocéliande : "lieu élevé où il y a de l'eau"

Alan Stivell, barde
pop-celtique par excellence
des années 70... (et suivantes)
Alan Stivell, un autre
barde du XXème siècle...

  Voir la page "écrit" qui présente cette œuvre.

À Raymond Hermantier,
en souvenir...

Né à Lyon le 13 janvier 1924, mort le 11 février 2005 à Paris.
Attiré par la mer dans son enfance, il rêve de devenir officier e marine, mais la guerrebouleverse son existence et il entre au Conservatoire de Lyon en 1940. C'est le début d'une riche carrière au théâtre, tant comme acteur, au théâtre et au cinéma (il joua dans les films Les Démons de l'aube (1946), Prélude à la gloire (1950), Sous le ciel de Paris (1951), L'Embrumé, (1980) et Coup de torchon (1981)) que comme metteur en scène.
C'est à l'été 1950 qu'il mit en scène Jules César de W. Shakespeare aux arènes de Nîmes (adapté par J.-F. Reille), événement que Barjavel, alors critique de théâtre à l'hebdomadaire Carrefour, commenta dans son article du 28 septembre 1949 sous le titre “Jules César va renaître à Nîmes sous les feux de la rampe”. Un fait divers d'alors, le vol de la caisse du spectacle, inspira à l'auteur, trente-cinq ans plus tard, une énigme policière bien plus dramatique dont il fit son dernier roman...
Hemantier dans Jules César en 1964Raymond Hermantier reprendra cette pièce en 1957 au T.N.P. puis, dans l'adaptation de Maurice Clavel, au Festival de Lyon et au Théâtre Sarah Bernard en 1964.
Hermantier est aussi connu au Sénégal pour avoir monté à la fois des pièces du répertoire classique français et des spectacles en langue wolof.
On cherchera en vain une allusion expliquant le passage du nom "Hermantier" à "Faucon" (nom de l'acteur jouant Antoine dans le roman). Hermantier est un patronyme surtout porté dans la Lozère, rencontré aussi sous les formes Hermentier, Armantier, Armantiers et Armentier. Il dérive du latin armentum (= troupeau, arment en catalan et en ancien français) désignant celui qui conduit un troupeau.

Raymond Hermantier
caricature par Jan Mara dans Carrefour 
du 28 septembre 1949


Note éditoriale

Cette page, créée à l'été 2005, fut présentée par la Lettre de G.M.Loup de juillet 2005.