Jamais je ne m'habituerai au printemps.
Année après année, il me surprend et m'émerveille.
L'âge n'y peut rien, ni l'accumulation des doutes et des amertumes.
Dès que le marronnier allume ses cierges et met ses oiseaux à chanter,
mon coeur gonfle à l'image des bourgeons.
Et me voilà de nouveau sûr que tout est juste et bien,
que seule notre maladresse a provoqué l'hiver
et que cette fois-ci nous ne laisserons pas fuir l'avril et le mai.
Le ciel est lavé, les nuages sont neufs,
l'air ne contient plus de gaz de voitures,
on ne tue plus nulle part l'agneau ni l'hirondelle,
tout à l'heure le tilleul va fleurir et recevoir les abeilles,
les roses vont éclater et cette nuit le rossignol chantera
que le monde est une seule joie.
Tout recommence avec des chances neuves et, cette fois, tout va réussir.
J'ai un an de moins que l'an dernier.
Non, pas un an, toute ma vie de moins.
 

Mes chers Amis,

Si j'ouvre cette lettre printanière comme j'ai terminé celle de décembre, c'est que, personnellement, et comme Barjavel lui-même le disait dans son interview à la télévision le 7 août 1977, “L'homme en question” (http://barjaweb.free.fr/SITE/documents/heq/heq.html), je ne m'en lasse pas... et vous ?
Ce printemps qui, ne se satisfaisant pas de la date de l'"équinoxe, semble attendre le changement d'heure légale, apporte, surprise toujours renouvelée, le verdissement des arbres et des jardins, une luminosité des matins et des soirées, et bien d'autres choses encore qui se révèlent, différentes et pourtant semblables, chaque année.

Ce printemps, synonyme de renouveau, apporte aussi un rafraîchissement des idées, de la façon de voir les choses. Incité par le plaisir de faire découvrir « le roman le plus connu de Barjavel » à une amie, j'ai, moi-même, entrepris de relire (pour la dix-septième fois ?) La Nuit des temps... Et je dois dire que mes re-découvertes ne manquent pas (et... ah, que cela ferait un beau film ! mais mon avis sur la question ne change pas). Je vous laisse tenter l'expérience et, ensuite, retrouver la page “écrit” (http://barjaweb.free.fr/SITE/ecrits/Ndt/nuit.html) et ses compléments.

Lire, ou relire, les œuvres de Barjavel n'est pas toujours facile d'un point de vue "logistique", certains textes n'ayant pas été ré-édités ! Ainsi, alors que je donnais quelques conseils à une étudiante qui a fait des Dames à la Licorne le sujet de son mémoire de maîtrise de Lettres - et elle a l'heureuse opportunité de séjourner en Irlande pendant ses études - j'évoquais Les Jours du Monde et même La Trosième Licorne qui complète la saga personnelle d'Olenka de Veer. Ce dernier roman est presque introuvable, et, alors que Les Dames à la Licorne se trouve toujours, "bien frais", en colelction de poche, Les Jours du Monde reste rare, même en suivant mes “conseils aux bibliophiles barjavéliens” (http://barjaweb.free.fr/SITE/Biblio/conseils) On ne les trouvait que dans le recueil Romans Merveilleux des éditions Omnibus (http://barjaweb.free.fr/SITE/Biblio/brec.html), qui était, lui aussi, épuisé. Depuis quelques jours, Omnibus en publie une nouvelle édition, ce qui mérité d'être salué d'autant plus que l'éditeur le met en valeur, avec une indication fort sympathique, dans sa newsletter que je vous invite vivement à découvrir : [ http://trc1.emv2.com/I?a=A9X7Cq8P5AbC8W68C683EjzjAw ] (ainsi que [ http://www.omnibus.tm.fr/fiche_auteur.php?id_aut=7472 ])
Elle donne aussi envie de faire connaissance avec R. Chandler, les grands maîtres du cinéma (dont l'intemporel Clint Eastwood) et même, d'un genre très différent, la jeunesse de Loiuis XVI... Magie des lettres et des mots, qui n'aurait pas déplu à notre auteur.
Verra-t-on bientôt une ré-édition du recueil Demain le Paradis, qui me semble lui aussi "épuisé" ? On peut l'espérer, et même souhaiter y voir, enfin re-publié, le mythique “Cinéma total”, dont les prémonitions se réalisent concrètement sous nos yeux en ce début de XXIème siècle.

Peu de nouveautés sur le barjaweb depuis ma dernière lettre, exceptée la mise à jour de la bibliographie présentant le nouvel Omnibus et, suite à une découverte inattendue, un joli témoignage "musical", celui d'un autre balladin des temps modernes, le chanteur Yves Duteil, qui présente, dans son livre Les choses qu'on ne dit pas (c'est aussi le titre d'une de ses chansons), l'échange de lettres qu'il a eu avec René Barjavel ; j'attends cependant son autorisation pour en faire une citation complète, mais on pourra en avoir un aperçu sur la page http://barjaweb.free.fr/SITE/Chansons/Duteil
 

Pary sur Arche, le 2 avril 2009

G.M. Loup.