Vous avez voté, vous allez voter, voterez-vous,
vous ne voterez pas, de toute façon, il y aura ce soir
un nouveau président de la République.
J'ai vainement cherché, dès le premier jour,
dans tous les programmes présentés, quelque chose de nouveau
susceptible, sinon de m'enthousiasmer, du moins d'emporter mon adhésion,
mais je n'ai rien trouvé que d'éternellement ressassé,
depuis le conservatisme blindé jusqu'à la révolution bien sage
et la révolte-trépignement-infantile.
 

Mes chers Amis,

Alors que quelques heures nous séparent de l'ultime étape d'une échéance électorale qui a fait couler beaucoup d'encre, de salive - mais heureusement pas de sang - je ne peux m'empêcher d'évoquer encore une fois quelques articles de Barjavel qui évoquaient sa vision, pas très positive, de la vie politique telle qu'il l'observait. J'avais déjà, il y a maintenant cinq ans (voir ma lettre d'avril 2002 : http://barjaweb.free.fr/SITE/lettre/lettre0402.html) commenté quelques extraits de son article du 15 juin 1969, « Si j'étais Président de la République », qui anticipait les élections qui ont suivi la démission du Général de Gaulle, tout en rappelant que sur la politique elle-même sa position était nettement désabusée, comme il l'avait confié dans des propos recueillis dans l'ouvrage collectif Le Futur en questions (présentée sur la page http://barjaweb.free.fr/SITE/Biblio/textes).
Certains diront que les problèmes n'ont pas, ou peu, changé, et que l'évolution du monde politique reste à faire. D'autres (certains "inventoriés" sur la page http://barjaweb.free.fr/SITE/biographie/anti) récuseront à Barjavel le droit de donner son avis (les plus intolérants étant souvent les défenseurs patentés de la tolérance), eu nom de je ne sais pas précisément quoi, et pourtant son activité de journaliste dans cette période de la fin des"Trente Glorieuses" lui a donné l'occasion de rencontrer des personnalités marquantes du monde politique.

Un président ? oui... du moins - à l'époque - un futur président, qui va justement quitter ces fonctions ce mois-ci, et que Barjavel avait interviewé personnellement et au nom des lecteurs du journal, alors qu'il venait de prendre sa fonction de Maire de Paris qui venait d'être créée.
Un article d'il y a tout juste trente ans, et qui comme beaucoup, n'a pas été intégré dans un des recueils Les Années de..., ceux-ci ne couvrant que la période de 1969 à 1973.
J'ai pu le redécouvrir lors de mes dernières recherches, et comme c'est sa vocation, c'est la page http://barjaweb.free.fr/SITE/ecrits/JDD qui en accueille la retransciption, et que je vous invite à découvrir (plus précisément : http://barjaweb.free.fr/SITE/ecrits/JDD/art_jdd.php?jma=240477). On ne pourra pas nier l'objectivité de l'interview, avec même, pour qui connait l'auteur du JOurnal d'un homme simple, une petite teinte d'ironie pour le dernier sujet. Et pour les parisiens en particulier, faire le point des progrès effectués, en remarquant que le peuple revendique les même choses à propos des mêmes faits ou méfaits, et qu'il reste pas mal de choses à faire.

Le président sortant se souvient-il de cette interview ? S'il lit ces lignes, qu'il n'hésite pas à me contacter pour me faire part de ses souvenirs.

Il reste encore de nombreuses archives, pourtant pas si anciennes, à retrouver et à faire sortir de l'oubli. Je demeure persuadé que la compréhension de l'œuvre littéraire de Barjavel gagne et s'approfondit par la mise en perspective avec ses écrits journalistiques. Mais aussi que ce n'est pas un mince travail...
C'est pourquoi la prochaine page « écrit », que j'annonçait déjà à l'automne dernier et qui portera sur ce sujet, se fait attendre et, corrélativement, la Lettre de mars que certains d'entre vous ont pu guetter en vain, a été, comment dire... "escamotée". En fait je ne peux que reconsidérer la périodicité de lma lettre, et sa bimestrialité va devoir faire place à des parutions probablement plus irrégulières, mais plus solidement étoffées par la présentation de nouveaux travaux.

Travaux que je mène aussi avec certains d'entre vous qui, étudiants en Lettres (ou autre matières), ont pris l'initiative de mémoires sur notre auteur. Ils seront présentés (et même plus si leurs auteurs les mettent à la disposition du barjaweb) sur la page http://barjaweb.free.fr/SITE/academie ; cette activité est pour moi l'occasion de nouer des contacts intéressants, et souvent charmants, car pour être Loup, je n'en suis pas moins homme, et la gente féminine s'avère y être majoritairement représentée.


Alors, Barjavel président ? Mais oui ! le second document que j'ai découvert le mois dernier apporte cette révélation : il s'agit d'un exemplaire, de toute évidence rarissime, de l'unique numéro d'un fanzine de 1960 (date estimée selon divers indices, mais qui n'est pas explicitement mentionnée...), SUPERNOVA, qui était présenté comme l'organe de l'association science-fictionnesque N.O.V.A, attaché à la maison d'édition qui publiait la revue Satellite, et dont René Barjavel était le président...
Comme discours d'investiture, on pourra lire ce qu'il y écrit "en guise de préambule", où il met en avant une foi en l'avenir de la conquête spatiale - qui promettait alors plus qu'elle n'a directement tenu, mais c'est une autre histoire.
Dans cette revue, que j'ai manipulée avec précautions vu son état quasi archéologique, un article plus étoffé de l'auteur de S.-F. Gérard Klein mérite aussi tout notre intérêt, car il déplore - avec espoir en l'avenir - le désintérêt et souvent le mépris dans lesquels la littérature officielle et le monde académique tiennent la science-fiction alors jeune. Et comme je l'évoquais plus haut, ceux/celles (ils/elles se reconnaîtront) qui aujourd'hui soumettent le choix de ces thèmes à leurs Professeurs en font encore trop souvent l'expérience. Ces quelques feuilles de papier cassant et curieusement jauni sont à découvrir sur la page :

http://barjaweb.free.fr/SITE/documents/supernova

Et comme le document complet (il contient quelques autres textes) est maintenant dans mes archives, s'il y a quelqu'un que cela intéresse, qu'il m'envoie son nom et son email...


Avant de finir et de vous donner rendez-vous... la prochaine fois, je vous invite aussi à découvrir d'autres "petites nouveautés" du site :

Bon mois de mai, d'ailleurs un proverbe ne dit-il pas "en mai fait ce qu'il te plait..." ?

Pary sur Arche, le 5 mai 2007

G.M. Loup.